AHCT : Au niveau de la prise de rendez-vous, vous présentez-vous en tant que journaliste réalisant un guide ou les tests sont-ils faits de manière anonyme ?
Anne Placier : Vous imaginez bien qu'il n'est pas possible de m'allouer un budget qui serait considérable s'il fallait que je paye chaque consultation. Je ne peux donc pas me présenter de façon anonyme. J'explique clairement à chaque professionnel le but de ma démarche. Libre à lui d'accepter ou de refuser.
AHCT : N'y a-t-il dès lors pas un risque que certains praticiens tentent de se présenter sous un jour meilleur sachant qu'ils ont affaire à une journaliste ?
Anne Placier : Ils peuvent tricher sur les apparences, se montrer sous leur jour le plus aimable, mais au niveau de leur travail, que je sois journaliste ou que j'exerce un autre métier ne change rien à la qualité de leur prestation.
AHCT : Il n'est pas rare que les dispositions pour la divination aillent de pair avec un caractère sensible et émotif.
Prenez-vous en compte le stress que peut représenter ce type consultation à enjeu au cours de laquelle le praticien se sent testé ?
Anne Placier : Naturellement, et j'essaie vraiment de les mettre à l'aise ! Comme je suis très ouverte sur le sujet, je ne me montre ni tendue ni fermée, je ne leur tends aucun piège, et l'on m'a souvent dit qu'il était facile de voir pour moi.
AHCT : Il est difficile en matière de voyance de fournir une prestation constante.
Un praticien peut, par exemple, obtenir de très bons résultats avec un certain profil de consultants et n'arriver à rien avec des gens qui ne répondent pas à ce profil.
Le praticien peut aussi être dans un mauvais jour ou un mauvais moment.
Avez-vous tenu compte cet aspect de la question ?
Anne Placier : Complètement ! Certains m'ont demandé, si leur prestation ne me satisfaisait pas, de ne pas apparaître dans le guide. Il y a eu deux personnes que l'on m'avait recommandées et que je n'ai pas fait figurer dans le guide, car je n'ai pas été convaincue du tout. Je n'ai pas voulu leur causer le moindre tort, j'ai donc respecté ma promesse.
Par ailleurs, lorsque l'on écrit un guide dans lequel on porte une forme d'évaluation sur des professionnels, quelle que soit leur discipline, on endosse une lourde responsabilité. C'est un élément dont j'ai tenu compte lors de la rédaction. J'ai pesé soigneusement mes mots pour être au plus juste, au plus proche de la réalité. J'ai également pris en compte des avis extérieurs.