AHCT : Dans le cadre de la préparation de vos guides, vous avez consulté beaucoup de voyants.
Avez-vous noté une différence fondamentale suivant qu'ils utilisent un support — comme le tarot — ou qu'ils travaillent en voyance pure ?
Anne Placier : Pour ma part, je préfère les professionnels qui travaillent en voyance pure.
Le désagrément auquel on peut être confronté avec les voyants qui utilisent un support, c'est que certains d'entre eux livrent une lecture « scolaire » de leurs tirages. En voyant les cartes, le consultant averti sait déjà ce qui va lui être annoncé.
Ceci n'est bien sûr pas une généralité.
Des praticiens consciencieux utilisent leurs supports comme des déclencheurs de flashes, comme initiateurs de cette conversation particulière qu'est une consultation de voyance. Ils dépassent cette dimension de simples traducteurs de « l'oracle » pour y apporter toute leur expérience personnelle, pour créer une véritable rencontre.
J'aime les voyants qui sont des artistes, qui parviennent à employer les images et les métaphores qui parlent au consultant.
Consulter plusieurs voyants, c'est comme faire réaliser son portrait par plusieurs peintres. C'est toujours la même personne, mais les tableaux seront tous différents. Chaucun mettra en valeur des traits différents de la personne.
C'est un aspect qui fait défaut chez ceux qui fournissent une lecture très « académique » de leur support.
Pour moi, l'essentiel d'une voyance réussie, c'est que le consultant apprenne quelque chose sur lui, sur son existence, sur son parcours. Le langage employé doit le toucher personnellement, doit faire écho en lui.
La consultation doit l'amener à réfléchir, à avancer…